samedi 23 novembre 2013

Des cartes cadeaux ebooks... sur Bookincard


Aujourd'hui, je voudrais vous parler d'un nouveau concept qui me plait beaucoup : des cartes cadeaux pour pouvoir offrir des ebooks.
Je sais que pas mal d'entre vous sont réfractaires à ce support, pour différentes raisons... mais pour moi, qui lit de plus en plus sur ma liseuse, c'est une super idée ! J'adorerais que l'on me fasse ce genre de cadeaux tout comme j'aimerais pouvoir offrir moi-même si, dans mon entourage, je connaissais plus de personnes équipées pour et à qui ça ferait autant plaisir qu'à moi... c'est bientôt noël, alors pensez-y et visitez le site bookincard pour toutes les explications : 





jeudi 14 novembre 2013

La plume de l'ours ( Carole Allamand)

















Chercheuse universitaire en littérature, Carole Courvoisier mène une étude sur le plus célèbre des écrivains suisses, Camille Duval. Son fil directeur : trouver une explication au changement de style radical de l'auteur, survenu après 12 ans de silence et d'isolement, et qui lui a valu le succès qu'on connaît. Elle décide donc de partir sur les traces de l'écrivain, décédé dans les années 70, une quête qui la mènera des Etats Unis jusqu'en Alaska...

Après tout le monde, je me suis décidée à ouvrir ce livre qui traînait sur ma PAL depuis quasiment un an et qui avait, je m'en souvenais, déclenché un concert de louanges à l'époque de sa parution...
C'est donc confiante et guillerette que j'en entamai la lecture et effectivement au début, tout alla bien.
Malheureusement, je commençai à me lasser, et de plus en plus au fur et à mesure que j'avançai.
Je n'ai pas de reproche majeur à faire à l'auteure, son histoire tient la route (et même si on en devine le ressort avant la fin, là n'est pas vraiment le propos) c'est bien écrit, il y a de l'humour et une belle satire du petit monde fermé des universitaires mais justement, c'est sûrement là que le bât a blessé pour moi. Autant j'ai pu être friande de ce jour d'ambiance à une époque, via Philip Roth ou David Lodge, autant ça m'a paru ici un peu vu et revu et même à la limite de l'ennui, à force.
En conclusion, je ne regrette pas de l'avoir lu mais je ne suis pas mécontente non plus de l'avoir fini.

Juste après une autre lecture en demi-teinte, qui m'a paru un brin longuette aussi, je crois qu'il faut que je choisisse un roman qui déménage un peu plus, là ! Cela dit ne vous fiez pas à mon seul ressenti et relisez ceux de ClaraCathulu et Kathel, nettement plus enthousiastes...

P.S: tout comme Clara, je préfère préciser en fin de billet que Camille Duval n'a jamais existé pour vous éviter prise de tête et recherches inutiles... juste au cas où !



mercredi 6 novembre 2013

En même temps, toute la terre et tout le ciel ( Ruth Ozeki)

















Sur une île sauvage du Canada, en se promenant sur la plage, Ruth ramasse un sac en plastique. Dedans elle trouve le journal d'une adolescente japonaise, Nao, des lettres, un carnet écrit en français et une montre qui fonctionne toujours. Persuadée que ce sac a dérivé jusqu'ici à la suite du Tsunami et que ces écrits lui sont destinés à elle, Ruth, qui peine par ailleurs à écrire son prochain roman, se plonge corps et âme dans les mots de Nao...

Autant le savoir tout de suite, le livre est long (596 pages quand même) et il faut vraiment prendre la peine et le temps de rentrer dedans... Long, c'est bien ce que je me suis dit à plusieurs reprises au cours de ma lecture avec comme une impression de n'en pas voir le bout et pourtant je l'ai fini, avec le sentiment, maintenant, que certainement je l'ai aimé, en tout cas que je ne l'oublierai pas au bout d'une semaine.
Au passif :  un peu trop de contemplatif, de zen et d'immobilisme peut-être pour moi ; la réalité et le rêve qui se mêlent sans frontière quelquefois et, le comble du comble dans mon cas, qui aurait pu me faire abandonner vraiment juste avant la fin : une conclusion développée autour de la physique quantique... rien que ces deux mots me donnent habituellement la nausée!
Malgré tout, ce que j'ai perçu comme lent, répétitif, ou abscons sur le moment, s'est lentement distillé pour me laisser une impression forte, durable et plutôt positive finalement, celle d'avoir découvert un roman intéressant et vraiment riche, abordant de nombreux thèmes, la complexité de la vie au sein de la société japonaise actuelle, en particulier.

Le billet de Cathulu qui le range sur son étagère des indispensables...



vendredi 25 octobre 2013

Requiem pour une étoile (Jennifer D.Richard)

















Illidan Lauda rentre chez lui, dans le district de la Fourmilière. Il vient de passer un an à la Fournaise pour gagner plus d'argent afin que ses deux enfants, des jumeaux, reçoivent la meilleure éducation possible à la Fondation. Mais pourquoi ne les reconnait-il pas ? Et pourquoi sa femme Sigrid lui apparaît-elle comme une étrangère et le met-elle si mal à l'aise ???

Une fois de plus, je ne vais pas plus loin dans les développements de cette histoire que j'ai beaucoup aimée ! A vous d'en découvrir le déroulement à travers la vision de trois intervenants successifs : Illidan, Sigrid et... Stella. Trois versions pour un récit habilement mené, distillant insidieusement des indices jusqu'à la révélation finale. Requiem pour une étoile est classé polar sur la couverture et s'il y a bien une énigme, couplée au thème de l'amnésie, récurrent dans ce genre de littérature, ce n'est pas vraiment ce que j'en retiendrai... non, pour moi, c'est principalement une dystopie, genre que j'affectionne particulièrement.
Pas vraiment d'explications claires sur cette société déprimante, anxiogène, que l'on découvre petit à petit et qui pourrait bien être la nôtre, ses pires dérives exacerbées, après un évènement appelé Le grand Effondrement. La nature devenue une denrée rare, canalisée, l'urbanisme tout puissant, la division du territoire en districts ayant chacun leur fonctionnement spécifique, l'insécurité, la violence et l'argent au pouvoir... tout cela m'a rappelé l'univers de Hunger Games et, dans une moindre mesure, un peu La ballade de Lila K aussi.
Une dystopie réussie, une intrigue savamment orchestrée, des personnages troublants et attachants, Requiem pour une étoile avait tout pour me plaire et je suis ravie de l'avoir découvert !



mardi 22 octobre 2013

L'invention de nos vies (Karine Tuil)

















Ils avaient 20 ans et étaient trois inséparables : Samuel, le juif intello qui voulait écrire ; Samir, le musulman ambitieux qui rêvait de devenir avocat et Nina la belle, l'amoureuse. Séduite par Samir, prête à quitter Samuel, elle reste pourtant avec lui après son chantage au suicide. 20 ans plus tard, Nina vivote toujours auprès de Samuel, écrivain raté et aigri, quand ils tombent sur Samir à la télé. Avocat célèbre aux Etats Unis, il est aujourd'hui riche, brillant, puissant mais... il se dit juif et certains détails de sa biographie sont empruntés à la vie de Samuel. Malgré sa peur de la perdre, Samuel persuade Nina de le recontacter...  

Je ne me suis pas ennuyée une seconde à la lecture de ce roman riche et foisonnant.
Il y a une tension permanente qui pousse a tourner les pages pour savoir ce qu'il va advenir des personnages, à la psychologie complexe et réellement fouillée, pour la plupart.
Il y a pourtant, dans le même temps, une réflexion de fond sur différents sujets : questions existentielles de toujours (la filiation, le déterminisme familial et social, l'identité culturelle et religieuse, l'ambition, la liberté, le mensonge) et problématiques plus contemporaines (discrimination à l'embauche, société du paraître, addiction au sexe, manipulations de l'islam extrémisme, esprit de communautarisme...).
Et si le propos peut par moments sembler presque exagéré, il n' y a qu'à regarder les journaux télévisés, se souvenir de l'affaire DSK ou du cas Jean-Claude Romand pour se convaincre que non !
Et pour ne rien gâcher, l'écriture a une vraie personnalité, usant de quelques trouvailles : plusieurs verbes ou adjectifs à la suite, séparés par des slashs, qui impriment un vrai rythme ou petite note de bas de page, donnant soudain du corps au protagoniste le plus insignifiant.
Voilà, comme d'habitude, je ne vous raconte pas l'histoire en détails car quand je lis en billet je ne veux pas qu'on m'en dévoile trop, juste qu'on me donne envie... et j'ai déjà l'impression d'en avoir trop dit.

Un livre bien ancré dans notre époque, qui mérite largement d'être découvert...



mardi 15 octobre 2013

Canada (Richard Ford)


Dell et sa soeur jumelle Berner et ont 15 ans quand, contre toute attente, leurs parents que rien ne prédisposait à ça, braquent une banque dans le Dakota pour rembourser des dettes. Ils sont arrêtés presque immédiatement et emmenés en prison. Pour échapper à leur mise sous tutelle par l'état, Brenner s'enfuit alors que Dell est conduit au Canada par une collègue de sa mère. A l'âge de 63 ans, il revient sur ce fait déterminant qui a bouleversé toute sa vie...

Bon, autant y aller franco : à 20 % de ma lecture (sur liseuse électronique, c'est pourquoi je parle en pourcentage) je me posais déjà la question de continuer ou non, trouvant qu'il y avait beaucoup de redites et que ça tournait un peu en rond. Mais de nombreuses personnes ayant beaucoup aimé, j'ai décidé de persévérer. A 60 %, je n'étais toujours pas convaincue mais je n'aime pas abandonner un livre en cours de route et  il m'arrive très rarement de le faire, il faut vraiment  pour ça que je déteste ou que je n'y comprenne absolument rien et ce n'était pas le cas ici. Bref, je suis laborieusement allée jusqu'au bout et je peux donc dire en toute connaissance de cause que je n'ai pas aimé !
Je ne dis pas que Canada est mauvais, il y a indéniablement un ton, une réflexion et une qualité d'écriture, son succès le prouve d'ailleurs mais son ambiance particulière m'a déplu. Je ne me suis pas attachée aux personnages qui, à l'exception de quelques rares, m'ont tous paru mauvais, bêtes ou méchants, tout comme les lieux décrits sont froids, laids, déprimants, plombants. Au final, j'ai trouvé l'ensemble long, répétitif et passablement alambiqué.
Loin du brillant roman d'apprentissage que je m'attendais à découvrir ma conclusion se résumerait plutôt à "Tout ça pour ça ?" mais ça n'engage que moi...


samedi 5 octobre 2013

Esprit d'hiver (Laura Kasischke)

















En ce matin de noël, rien ne semble aller normalement. Levée trop tard, Holly, doit  se dépêcher de préparer le repas de fête mais elle ressent une angoisse diffuse, comme un pressentiment. Son mari, parti chercher ses parents à l'aéroport est retardé, le blizzard se lève et empêche le reste de la famille ainsi que les amis conviés de sortir de chez eux. Holly et sa fille Tatiana, une ado de 15 ans adoptée 13 ans plus tôt en Russie, sont donc seules à la maison, coupées du monde. Et Tatiana se met a à avoir un comportement inquiétant alors qu'en même temps des faits étranges se produisent...

Depuis la découverte de Rêves de garçon, je suis assez fan de Laura Kasischke et de ce talent particulier qu'elle a pour semer le trouble avec des riens, faire monter la tension dans un contexte qui paraît pourtant on ne peut plus normal. On sent, on sait que quelque chose va mal se passer et on attend de plus en plus fébrilement le dénouement, très souvent terrible !
Le huis-clos d' Esprit d'hiver rappelle un peu, dans son argument, En un monde parfait (une femme et des ados dans une maison, isolées du monde extérieur et dans l'ignorance de ce qui se passe au dehors). Ici, la même mécanique de destruction des apparences est à l'oeuvre et la middle-class américaine bien pensante en prend toujours autant pour son grade, soit, mais je me suis quand même demandé à un moment si elle ne refaisait pas un peu le même livre et où elle voulait en venir, à la fin, avec toutes ces redites et ces lenteurs. Un peu agacée mais néanmoins ferrée par l'écriture et par le thème de la relation mère/fille (je suis moi-même mère d'une ado du même âge,  alors forcément...) je suis parvenue à la fin pour... me prendre une claque magistrale ! Digne de celle que j'avais prise avec Rêves de garçons.
Du grand Kaschiske !!!
Pardonnées d'un coup les répétitions et les longueurs, tout prend sens, à la lumière de la révélation finale...

 "Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux..."



mercredi 2 octobre 2013

Kinderzimmer (Valentine Goby)

















Janvier 1944, Mila et sa cousine Lisette arrivent au camp de Ravensbrück. Elles ne sont pas juives mais déportées pour avoir codé des messages à la résistance. Mila est enceinte et le cache, persuadée que la découverte de son état entraînera une mort immédiate. Une mort promise de toute façon par les conditions de vie du camp mais l'espoir, lui, fou, insensé, refuse de mourir tout à fait...

J'ai déjà lu beaucoup sur le nazisme et les camps et j'ai malgré tout l'impression qu'il y a encore et toujours de nouvelles abominations à découvrir, à savoir...
Les enfants sont ici au coeur de ces révélations car après avoir appris l'existence cet été, par l'intermédiaire d'un roman, d'un Lebensborn sur le territoire français,Valentine Goby m'ouvre les yeux sur une autre  réalité que j'ignorais totalement : l'existence d'une chambre des nourrissons au sein même du camp de femmes de Ravensbrück. L'idée que des enfants soient nés dans un camp, y aient survécu et pour quelques rares en aient réchappé est tout bonnement incroyable et... miraculeuse ! Et c'est ce miracle de la vie, envers et contre tout, que l'auteure nous donne à voir et à sentir dans ce texte poignant, si noir, si lumineux pourtant...
Pour perpétuer l'indispensable devoir de mémoire, Valentine Goby use de son pouvoir de romancière avec intelligence et sensibilité. En obligeant Mila à se raconter dans l'instantanéité de son expérience, dans le temps présent d'avant la connaissance et les mots posés sur l'horreur, elle livre des émotions brutes auxquelles l'ignorance donne toute leur force, terreurs glacées et folles espérances mêlées. Tenir, pour les femmes de Ravensbrück, consiste alors à se persuader que non, le camp ne les a pas définitivement coupées du monde, qu'il en fait tout simplement partie... la preuve : on peut même y donner la vie.
Et oui, non seulement on peut mais on doit encore écrire sur ce sujet... merci à Valentine Goby de l'avoir si bien fait !

La page du livre chez Actes Sud, dans laquelle Valentine Goby fait une présentation limpide de son propos : ici !


mercredi 25 septembre 2013

Au revoir là-haut (Pierre Lemaitre)


Je ne sais pas encore si je suis en  train d'amorcer un vrai retour sur ce blog bien délaissé depuis plusieurs mois, ou pas... mais en tout cas, ce qui pouvait me décider à reprendre le clavier ici, c'est bien ce livre-là ! 

Testée sur ma page Facebook, une mini chronique de quelques lignes seulement sur Monde sans oiseaux de Karin Serres a reçu un accueil plutôt positif et du coup, je crois bien que je vais m'en tenir à ce format restreint, qui correspond parfaitement à mes envies du moment. 
Cela me permettra peut-être de reprendre du service plus régulièrement sans trop me contraindre, encore que je ne veux plus m'obliger à rédiger forcément mon ressenti sur chaque livre lu... et puis, en confidence, je lis de plus en plus en diagonale, voire je zappe carrément les billets trop longs sur les autres blogs ! 

















2 novembre 1918, quasiment la fin de la guerre. Ce jour-là pourtant, sur le champ de bataille, 2 soldats et un gradé vont vivre un évènement qui va sceller leur destin bien après l'armistice...





Oui, il fallait bien ce livre-là pour me décider à revenir livrer mon ressenti ici : c'est un énorme coup de coeur et  un bonheur de lecture comme je n'en avais plus eu depuis un long moment !

Je connaissais et appréciais Philippe Lemaitre pour ses thrillers mais en changeant de registre, avec un brio et un talent indéniables, il réussit là un coup de maître ! S'il manie toujours aussi bien le suspense, les rebondissements nombreux tenant le lecteur en haleine, le contexte historique, original et très fouillé, est tout aussi passionnant. On a beaucoup parlé de la guerre elle-même, des blessures physiques et morales, du traumatisme des soldats mais je n'imaginais pas le dénuement matériel total auquel les poilus rescapés ont dû faire face après. Et j'ai vraiment appris sur ces années de l'immédiat après-guerre, avec leur cortège de magouilles et de profiteurs de tous bords. Et puis, la belle écriture, les personnages bien campés, le petit grain de folie supplémentaire dans toute cette noirceur, je ne sais pas... mais il s'est créé cette alchimie particulière qui fait que je l'ai littéralement dévoré...