mardi 9 octobre 2012

Le sermon sur la chute de Rome (Jerôme Ferrari) - Format numérique















Dans un petit village isolé de Corse, deux amis d'enfance reviennent s'installer pour s'occuper d'un café, tournant ainsi résolument le dos à leurs études de philosophie, et rencontrent un succès inespéré. Mais leur petit monde idéal est illusoire et n'aura qu'un temps ... comme Rome, comme tous les empires créés de toutes pièces par la main de l'homme, il porte déjà en lui les prémices d'une chute brutale, fatale.

Malgré un résumé pas forcément très compréhensible au début, faisant un parallèle entre cette histoire de café corse et le sermon de Saint Augustin fait à Hippone, après la chute de Rome en 410 et son invasion par les barbares... j'ai tout de suite eu envie de ce livre. Envie, oui mais avec l'appréhension pourtant que ce soit un peu confus ou tiré par les cheveux tout de même...
Que nenni !  La comparaison, finement amenée, est parfaitement légitimée par l'atmosphère de tragédie antique qui imprègne totalement ce roman et je me suis laissée convaincre et envoûtée...  J'ai d'ailleurs pensé par moments au Soleil des Scorta de Laurent Gaudé (à propos duquel j'avais déjà parlé de tragédie grecque) relatant le destin maudit d'une famille dans un petit villlage déshérité d'Italie ... pour la dureté du climat, l'âpreté des caractères et des sentiments où tout couve, sans jamais se dire, jusqu'au drame. Mais si le ton de Gaudé m'avait paru assez détaché, on entre ici bien plus avant dans la tête des principaux personnages, au coeur de leurs pensées les plus intimes. Que ce soit Libero, issu d'une famille sarde pauvre et méprisée, qui a donc quelque part une revanche à prendre ... Matthieu, plus faible de caractère mais déterminé à lier son sort à celui de Libero et de ce village ... ou son grand-père Marcel, qui s'est toujours senti à côté de sa vie,  chacun est mû par la volonté farouche de diriger sa propre destinée, de façonner malgré tout un univers à sa mesure sans voir que si la vanité des hommes est infinie, ses créations, elles, ne sont rien, portant déjà en elles-mêmes les gênes de leur propre destruction, comme lui.

Deuxième titre de la rentrée littéraire et deuxième bonheur de lecture donc, pourvu que ça dure...
 Le sermon sur la chute de Rome figure déjà dans la liste en lice pour le prix Goncourt mais aussi pour le Grand prix du roman de l'Académie française et le Femina. A suivre ...

Les avis positifs de Kathel et  Dasola ainsi que de Papillon et de Jostein qui émettent tout de même une petite réserve ...


samedi 6 octobre 2012

Alors ça, ça réveille ...


... surtout pour un samedi matin où je suis debout aux aurores, encore une fois !  Ce clip du prochain album de M, à paraître en novembre, donne la pêche et envie de bouger, c'est le moins qu'on puisse dire :



Et si vous regardez bien jusqu'au bout (ce serait dommage de rater le solo de guitare) vous y découvrirez même une guest star... allez, bon week-end et bon Mojo !!!


mercredi 3 octobre 2012

Home (Toni Morrison) - Format numérique















L'Amérique ségrégationniste des années 50. Franck Money, rentré traumatisé de la guerre de Corée, n'en est pas mieux accepté pour autant... Un appel au secours lui parvient, concernant sa jeune soeur Cee, à l'article de la mort. Traversant une partie des Etats-Unis, Franck rentre donc à Lotus, le misérable bled de leur enfance pour la rejoindre, la sauver et peut-être ainsi se sauver lui-même ...

Après 2 mois passés à lire plutôt des polars (sans rien chroniquer), je vais peut-être enfin revenir à une activité de lectrice plus "normale" si mon activité professionnelle veut bien me laisser un peu de répit. La rentrée littéraire, avec ses multiples tentations, va bien m'y aider je crois puisque j'en ai déjà engrangé 5 titres et listé une ribambelle d'autres...

Mon premier de cette fameuse rentrée est donc Home de Toni Morrison dont j'ai noté depuis longtemps le célèbre Beloved, plus difficile d'accès que celui-ci, d'après ce que j'ai compris... J'ai lu quelque part que l'auteur s'attachait dorénavant à dépouiller de plus en plus ses romans, à faire court pour aller à l'essentiel et celui-ci est effectivement proche de l'épure.
 Il dit beaucoup en un minimum de pages mais si les faits en eux-mêmes donnent peu à voir, ils dessinent parfaitement pourtant toute une période à travers quelques détails, une toile de fond riche et précise, un contexte complexe. Pas un mot de trop ni de digressions inutiles ici, juste une alternance des chapitres efficace, Franck se racontant dans l'un, l'histoire se poursuivant à travers la voix d'un autre protagoniste dans l'autre. Et les souffrances indélébiles causées par toutes les guerres, l'horreur de  la condition noire dans l'Amérique de ces année-là, encore décuplée quand on est femme en plus d'être noire, finissent par s'imposer au lecteur avec une force incroyable. Rentrée littéraire réussie donc pour moi avec ce "grand petit livre" qui mérite vraiment d'être lu ...

Je dois vous avouer qu'il a fallu que je me motive sacrément pour revenir sur ce blog, m'étant, entre autres, habituée cet été à lire sans la "contrainte" d'un avis à rédiger, sans avoir à  chercher des arguments un tout petit peu pertinents pour aller au-delà du simple J'ai aimé/J'ai pas aimé ... je ne suis donc pas vraiment sûre de l'interêt de ce billet (pas sûre non plus encore d'effectuer un vrai retour avec un rythme régulier) et vous renvoie donc aussi sur ceux de ChocoJostein et Dasola.


samedi 29 septembre 2012

A Pau, noir c'est noir ...


Du 4 au 7 octobre, le polar y  sera en effet à l'honneur ... j'aurais malheureusement encore trop de boulot pour pouvoir y aller, sûrement, mais pour les copinautes des environs ...


... plus de détails ici et ici !


lundi 30 juillet 2012

Allez, je jette l'éponge ...


... j'arrête les billets de lectures jusqu'à la fin de ma grosse saison de boulot ! 

Et oui, c'est bon, là je suis à saturation ... plus de temps ni d'énergie en ce moment pour le blog. J' ai donc laissé sur ma PAL quelques romans dont j'attends pas mal et  je fais en sorte de lire surtout des polars qui ne me demandent pas une grande concentration et qui m'évitent de regretter de ne pas faire de billet. Bon, si jamais  je tombe sur un qui en vaille vraiment la peine, j'essaierai de le garder dans mes tablettes pour en parler plus tard ... 

Et puisque tout le monde est en vacances sauf moi, un petit haïku estival qui n'a rien à voir avec mon environnement, bien dépaysant pour moi donc et avec une petite pique pour finir, y'a pas de raison ;-)  





Bleu azuréen  
Les pieds flirtent dans les vagues
Au fond un oursin


Les haïkus d'Elisa Huttin



vendredi 20 juillet 2012

Prodigieuses créatures (Tracy Chevalier) - Format poche















1810, Angleterre. Elisabeth Philpot s'installe avec ses 2 soeurs à Lyme Regis, sur la côte du Dorset, leur situation familiale ne leur permettant plus de vivre à Londres. Sur la plage, en découvrant un premier fossile, Elisabeth ne sait pas encore jusqu'où cela va l'entraîner. Elle rencontre bientôt Mary Anning, une toute jeune fille d'un milieu très pauvre qui vend ces "curios" aux touristes. Mais la chasse aux fossiles est aussi pour elle une véritable passion qui va la conduire à faire des découvertes prodigieuses. Face à une communauté scientifique exclusivement composée d'hommes, Elisabeth va devenir sa plus fidèle alliée et une relation forte et ambigüe va naître entre ces 2 femmes que tout oppose ... 

Autant le dire tout net, ces prodigieuses créatures m'ont passionnée. Pas tant les fossiles en eux-mêmes qui, à dire vrai, ne m'attirent pas spécialement mais autour de ce sujet ... que de richesse dans ce roman. Comme dans La jeune fille à la perle que j'avais adoré, Tracy chevalier n'a pas son pareil pour camper un décor, une atmosphère, une époque et les conventions sociales qui la régissent. Des règles particulièrement rigides pour la gent féminine dans cette Angleterre pré-victorienne, que 2 femmes très différentes mais au caractère également fort vont chacune à leur manière transgresser pour tenter de s'affirmer et gagner une petite part de liberté. Chaque avancée se paie pourtant au prix fort et c'est leur passion commune qui leur permettra de faire front, créant entre elles une relation indestructible malgré leurs différents. C'est aussi tout un pan d'évolution des connaissances qui nous est révélé, celui des grandes avancées scientifiques en matière de géologie et de paléontologie, préfigurant la théorie de l'évolution de Darwin, les fossiles découverts remettant en question la création telle que décrite dans la bible. C'est enfin l' histoire vraie de Mary Anning, habilement romancée pour rendre son personnage particulièrement attachant. J'ai appris des choses que j'ignorais totalement tout en me laissant emporter par un récit très évocateur (ah le vent chargé de pluie glaciale des plages du Dorset ... brrr !) et bien écrit ... que demander de plus ? Un nouveau roman de Tracy Chevalier à découvrir, peut-être...

P.S : cerise sur l'exemplaire ... la magnifique couverture que je ne me suis pas lassée de contempler chaque fois que je reprenais le livre !

Les avis de Gambadou, mi figue-mi raisin, Leiloona qui a adoré, Clara, enchantée, Jostein, emportée et Sassenach qui, tout comme moi, a vibré pour un sujet qui ne l'attirait pas vraiment au départ.


mardi 17 juillet 2012

Silence !






Les vertes vacances
Crapauds, cloches et cigales  
Taisez-vous silence !



Les haïkus d'Elisa Huttin





vendredi 13 juillet 2012

Les morsures de l'ombre (Karine Giebel) - Format numérique pour Kindle















Comment Benoît, officier de police certes un peu volage, a pu en arriver là ? Là, c'est dans la cave de cette femme qu'il a dépannée sur le bord de la route, qui l'a invité à prendre un verre, qu'il a suivie, prêt à la séduire, et qui maintenant le séquestre en lui promettant les pires tortures jusqu'à ce qu'il avoue ! Mais qu'il avoue quoi ?

Voilà exactement ce qu'il me fallait en ce moment ...
Les morsures de l'ombre est un thriller très honorable et cette demie-folle qui torture sauvagement son prisonnier m'a rappelé le choc de Misery de Stephen King, quand je l'avais découvert. Rien d'égalable toutefois car dans Misery, il s'agissait d'un écrivain et ... et c'était super intéressant et puis Stephen King, quoi ! Là, c'est un flic qui se demande s'il doit simplement expier les nombreuses infédélités faites à sa femme ou si sa geôlière le croit réellement coupable de bien plus grave. Et quand elle lui sort des preuves accablantes, la question essentielle, obsédante, est alors de savoir qui l'a mise sur cette voie, qui peut lui vouloir à ce point du mal ?
Du suspense, de la cruauté, des fausses pistes  pour  un huis-clos toutefois beaucoup plus intéressant que les personnages et intrigues secondaires et puis une fin ... quoi ... vous ne vous attendez quand même pas à ce que je vous la raconte, non ! En revanche, je peux vous dire que je l'ai trouvée satisfaisante car plutôt  inhabituelle pour ce genre de bouquin et ça c'est vraiment bien !
Dévoré en une bouchée sur ma liseuse donc ...



mardi 10 juillet 2012

La malédiction des colombes (Louise Erdrich) - Format poche
















Pluto, petite ville du Dakota du Nord. La malédiction des colombes qui dévorent les récoltes n'est plus d'actualité pourtant, une autre sorte de malédiction pèse encore sur ses habitants. Le souvenir du lynchage de 4 innocents par les blancs tout puissants et c'est à travers le récit que lui en fait son grand-père indien qu'Evelina comprend qui elle est et d'où elle vient ...

Malgré la très jolie couverture et le thème prometteur, rien à faire ... j'abdique, je n'y arrive pas ! L'histoire paraît confuse et décousue et change de narrateur sans crier gare alors, bien sûr, j'ai lu que cette densité et les multiples angles de vue qui paraissent tout d'abord déroutants dessinent à la fin une vision d'ensemble parfaitement cohérente et ambitieuse mais je n'ai pas la patience de tenir jusque là, je n'accroche pas ! Et comme je suis en pleine période de boulot intensif , je ne vais quand même pas en plus me faire du mal lors de mes petits moments de détente ... nonmaio !!! Tant pis pour celui-là donc que j'aurais pourtant voulu aimer ...

L'avis de Stephie76 m'a un peu rassurée quand même puisque son interêt a chuté à peu près au même endroit que moi : elle a déclaré forfait à la page 169, j'en ai lu 10 de mieux quand même ! ;-) Et sa remarque sur le fait qu'elle n'avait pas plus envie de faire un billet de cette lecture que de la continuer rejoint parfaitement mon ressenti.  Sandrine est aussi  passée à côté mais pour Aifelle c'est une excellent moment de lecture, Keisha a été conquise et Kathel l'a trouvé passionnant.