samedi 21 avril 2018

Toutes blessent la dernière tue (Karine Giebel)

















Je suis fan de Karine Giebel, pourtant ses deux derniers romans m'avaient déçue.
Avec celui-ci, je la retrouve au mieux de sa forme et de son talent.
Il m'a d'ailleurs fait penser à plusieurs reprises à Meurtres pour rédemption qui m'avait fortement marquée. Tout comme dans ce précédent récit, la violence qui se déchaine sur l'héroïne principale est inimaginable, insoutenable, et on se dit que trop c'est trop mais ça, c'est la marque de fabrique de l'auteure. Les rares moments d'accalmie qu'elle ménage ne sont souvent là que  pour insuffler une lueur d'espoir avant de mieux repartir sur un crescendo d'ignominie et on lit le tout en apnée.
Karine Giebel sonde donc une nouvelle fois l'infinie noirceur de l'âme humaine et excelle dans le même temps à créer des personnages vivants, particulièrement attachants. Là, le destin de Tama est d'autant plus poignant que l'auteure traite à travers elle d'un sujet qui lui tient visiblement particulièrement à coeur : l'esclavage moderne dans nos sociétés occidentales.
Un roman noir et social,  fort et dérangeant !


jeudi 12 avril 2018

Farallon Islands (Abby Geni)

















Personnellement, même si on me payait cher, je ne mettrai jamais un pied sur ces îles qui ont tout de l'enfer. Ca tombe bien puisque je n'aurais aucune raison d'y aller de toute façon, les Farallon étant le domaine exclusif des animaux sauvages (oiseaux marins, requins, baleines, phoques, éléphants de mers, rongeurs) et des biologistes qui les observent. C'est aussi le royaume du granit déchiqueté, de la pluie, des nuages, du froid et du vent, un environnement inhospitalier où tout est danger, décrit à la perfection par l'auteure. Quelquefois quand il y a trop de nature writing dans un roman, trop de descriptions et de digressions sur la faune et la flore, ça finit par m'ennuyer mais là, non, les îles, la mer, le climat, les animaux sont partie prenante de l'intrigue et c'est passionnant. Découvrir cet univers si particulier, tel un choc, sans rien en savoir à l'avance est encore le meilleur moyen de rentrer dans ce récit dans lequel plane une tension permanente, l'attente perpétuelle d'un drame.
C'est fort, c'est une vraie réussite...


dimanche 8 avril 2018

Les nouveaux voisins (Catherine McKenzie)

















Bienvenue à Wisteria Lane dans un nouvel épisode des Desperate Housewives. On s'y croirait...
L'auteure suit ici la même veine que Liane Moriarty avec Petites secrets et grands mensonges et Le secret du mari mais... en moins bien, je trouve. Le plus intéressant dans le roman est la peinture au vitriol de ce microcosme qu'est une rue proprette et résidentielle dans un coin des Etats Unis, avec ses habitants bien sous tous rapports en apparence, se réunissant périodiquement pour des barbecues dans leus jardins parfaitement entretenus. Mais j'ai eu une impression de déjà lu et l'intrigue qui s'y rajoute est uinutilement tarabiscotée et vraiment longuette. Ce que j'ai aimé, qui m'a fait vraiment sourire, ce sont les communiqués qu'envoie régulièrement Cindy à ses voisins, via l'association des résidents qu'elle a créée : absurde, hilarant et jouissif tant elle entend tout régenter sous couvert de bonnes intentions et d'un ton perpétuellement enjoué.


lundi 2 avril 2018

Le combat d'hiver (Jean-Claude Mourlevat)

















De Jean-Claude Mourlevat, je me souviens particulièrement de Terrienne  qui m'avait marquée et impressionnée. Avec le combat d'hiver, j'ai découvert une dystopie comme je les aime, un univers sombre et inquiétant, un peu comme dans Terrienne, en moins noir cependant.
Je l'ai lu avec plaisir donc mais pour être tout à fait franche, on sent que le livre est bien classé Jeunesse et s'adresse avant tout à un public ado, avec des protagonistes de 17/18 ans.  J'ai donc moins accroché que si les personnages avaient été adultes, avec un vécu plus conséquent et une psychologie plus complexe mais ça reste un bon moment de lecture.


jeudi 29 mars 2018

Je suis le genre de fille (Nathalie Kuperman)

















Au début les affres et les déboires de cette cinquantenaire, mère d'une ado qu'elle élève une semaine sur deux depuis qu'elle a divorcé, un peu déjantée et surtout trop gentille (le genre de fille à se laisser marcher sur les pieds) m'ont amusée. C'est vrai que chacune de nous pourra se reconnaître dans au moins l'une des situations qu'elle décrit. Au fil des chapitres, le ton se fait plus grave cependant, évoquant derrière l'auto-dérision, la solitude et la perte. Pas mal mais je me suis un peu lassée sur la fin et je ne crois pas que j'en garderai un souvenir impérissable...


mardi 27 mars 2018

Sentinelle de la pluie (tatiana de Rosnay)

















Déçue ! Voilà, c'est vraiment le mot qui me vient à l'esprit après la lecture du dernier roman de Tatiana de Rosnay dont j'apprécie pourtant généralement les écrits. Comme Elle s'appelait Sarah, marquant et riche en émotions fortes. Malheureusement, je n'ai ressenti strictement aucune émotion ici. J'ai pris acte avec indifférence des affres et tourments des différents personnages qui ne ne se sont pour moi jamais vraiment incarnés, qui ne m'ont touchée à un aucun moment, même lors de la pseudo révélation finale qui tombe plutôt à plat... Pour tout dire, ils m'ont paru assez faux, un peu plaqués même. Reste la description apocalyptique d'un Paris sous les eaux peut-être pas si loin d'une réalité possible et le contraste saisissant avec le Sud, chaud, coloré, lumineux, quand le personnage principal y retourne brièvement. Finalament, ce que j'ai préféré dans ce roman, c'est sa couverture...


mercredi 21 mars 2018

My absolute darling (Gabriel Tallent)

















Ce livre est en train de faire le buzz sur la blogosphère et il faut bien dire que pour un premier roman, il est assez époustouflant. Tout comme dans La fille du roi des marais (chroniqué ici il y a peu) la nature y tient une place prépondérante, certains passages relevant carrément du nature writing. Ce n'est pas le seul point commun avec cet autre titre, là aussi il est question d'un père pervers narcissique, maltraitant sa fille sur laquelle il a une totale emprise. Là aussi, la fille en question est partagée entre haine et amour envers ce père qui représente tout ce qu'elle sait et connaît. La dimension psychologique y est très importante, le comportement et le psychisme de Julia/Turtle/ Croquette/ petite connasse ( 4 noms pour une seule personne, selon qui la nomme) particulièrement fouillés et intéressants. C'est éprouvant à lire, à la limite du soutenable pour certaines scènes, mais ça en vaut la peine. On ne peut pas toujours lire des récits feel good bien pensants et gentillets, non ? Et c'est bien souvent la noirceur absolue et la violence qui font aussi les grands romans. Dépendance, solitude, peur  et culpabilité sont les maîtres mots qui gouvernent la vie de cette jeune fille  de quatorze ans à la personnalité inoubliable, on ne peut qu' espèrer que celui de résilience y prédomine au final. Ah oui, encore une chose, l'écriture y est singulière, particulièrement maîtrisée, surtout pour un premier écrit publié.
Bon, après ces deux livres durs et forts sur le même sujet (hasard ou pas ?) il faut absolument que je change d'ambiance pour le prochain...


dimanche 18 mars 2018

La disparue de la cabine n° 10 ( Ruth Ware)

















Un thriller qui se passe presque exclusivement dans le vase-clos d'un bateau de plaisance de luxe et qui retranscrit bien l'impression de claustrophobie que cela peut générer. Lo, l'héroïne du livre est la seule a avoir aperçu une passagère que personne d'autre n'a vue, elle a entendu un cri et un grand plouf dans la nuit et est persuadée qu'elle a été jetée par dessus-bord. D'un autre côté, Lo ne va pas très bien, mélange les antidépresseurs avec beaucoup trop d'alcool, ne dort quasiment pas... deviendrait-elle folle, a t' elle tout inventé ? Elle-même commence à douter et toute cette partie est assez longue jusqu'à ce que l'action se déclenche brutalement, rattrapant ces atermoiements. C'est un poil tiré par les cheveux quand même (ou par l'absence de cheveux devrais je dire mais seuls ce qui l'ont lu comprendront) et ce que j'en retiendrai surtout c'est cette ambiance angoissante de confinement physique conjugée à un sentiment de confusion mentale perturbant, qui font lentement monter la pression, le plus réussi dans ce roman, selon moi.


jeudi 15 mars 2018

Journal d'un proprio (Francois Amanrich)

















Bon, soyons honnêtes, vous devez bien vous douter du pourquoi de cette lecture ! :-)
Juste après la parution de mon propre livre Petites chroniques d'une chambre d'hôtes, il faut croire que le sujet et la forme sont dans l'air du temps... en plus, il est publié chez Librinova, tout comme le mien, je ne pouvais donc pas passer à côté ! Evidemment, les problématiques sont différentes des maisons d'hôtes quand on a à gérer une dizaine d'appartements locatifs. Pour en avoir eu un dans le passé, occupé par un locataire gratiné, je sais bien quel cauchemar ça peut devenir... alors une dizaine, mon dieu !!! Ce journal retrace donc avec drôlerie toutes les galères auxquelles se sont exposé son auteur et sa femme. Heureusement, tout comme pour les chambres d'hôtes, il y a aussi les locataires irréprochables. A lire si vous êtes intéressés par le sujet et si vous avez envie de découvrir entre ces lignes, le monde des travaux, les litiges et des personnalités improbables...